Rien que ça!

Le 20.08.12 @ 13.24 dans 3615Mylife

Depuis que je suis rentrée, je marche. Je marche parce que j'en ai marre de la voiture, je marche parce que de prendre la voiture c'est tellement facile que je ne marche pas assez ici, a contrario dans les Landes, je n'ai absolument pas le réflexe bagnole, je suis toujours à pieds ou en skate (le longboard les enfants, c'est la vie), parce que dehors c'est beau, que ça sent bon et qu'on respire bien.
Alors je marche et quand je ne marche pas je me suis surprise plusieurs fois a me réapproprier un peu de temps en arrêtant la voiture pour cramer une clope en regardant les lumières de la ville, ou autre chose ça dépend. Pour parfaire le tableau j'aurais pu dire que planait derrière une musiquette morbide mais non, j'ai du prendre gout au silence, chose qui me foutait encore relativement les jetons il y a encore un an ou deux, aujourd'hui je trouve son ambivalence et sa contradiction très plaisante.
Les choses peuvent changer un long moment avant qu'on conscientise le changement en question, à côté de ça, je ne crois pas au hasard, je pense définitivement que l'inconscient intervient sur le moindre de nos actes et que tout ce qui nous arrive, que ça nous plaise ou non, est le fruit de notre volonté, consciente ou non ainsi que celle des autres qui interviennent également.
Je n'analyse pas tout, en tous cas jamais sur l'instant. Analyser, c'est prendre une photo, c'est regarder au travers d'autre chose une partie de ce qui nous entoure sans en profiter pleinement. Par contre avec du recul et dans la globalité, je trouve ça nettement plus intéressant.
Ce soir là je me suis assise sur les barrières devant la patinoire. La dernière fois que je me suis assise ici, j'avais 13 ans et j'attendais que mon copain de l'époque sorte du vestiaire. Je n'avais plus grand intérêt à m'assoir ici 17 ans plus tard, d'une parce qu'en été la patinoire est fermée, de deux parce que je n'attendais personne et que personne ne m'attendait non plus. Sauf que, ce qui a changé c'est le tram, juste devant la patinoire, que le tram, c'est des rails, et que les rails, c'est le départ. C'est pas le tram qui me donne envie de partir, j'irais pas bien loin ni ou je voudrais, mais la symbolique est bien là, non seulement j'étais face aux rails et en plus je tournais le dos à la patinoire. Comprenne qui peut.
Ma clope en phase terminale jetée sur la route, je suis remontée dans ma voiture et suis partie, très contente d'avoir pris le frais en regardant les lumières, j'ai trouvé les rails vachement bien faits, précisément super bien intégrés au reste (je suis d'accord, des fois je m'attarde sur des trucs c'est limite lol), j'ai eu envie de faire une photo que je n'ai pas faite et la faim me rappela à l'ordre.
L'idée du départ n'est pas nouvelle, j'ai toujours su qu'il y avait peu de chances que je reste là, d'une parce que la mentalité ne me plait pas, de deux parce que c'est moche, sauf qu'elle a pris un nouvel élan ces dernières années au travers de nombreuses choses que je ne percute que maintenant et qu'elle devient de plus en plus visible et vivace à mesure que mon starting block se met en place.
A côté de ça je ne suis pas encore partie, loin de là, car même en supposant que ce serait une affaire de quelques mois, ça me ferait l'effet d'une éternité. Mais je suis tombée des nues quand je me suis rendue compte que j'avais déjà mis en place toutes les bricoles si distinctives du départ.
Déjà je m'en fous mais je me branle de tout, je n'investis rien ou presque je fais ce que je veux, et si c'était déjà plus ou moins le cas avant là ça déborde complètement. Ca passe ou ça casse, ça m'amuse tant mieux ça m'emmerde ça dégage, en fait je ne prends que le meilleur sans me soucier de ce qui va se passer demain. A la base c'était juste un fait comme un autre, j'ai même mis ça sur le compte du deuil sauf que non, ça n'a rien à voir.
Je ne fais pas la fête comme je la fais, c'est à dire à outrance (j'avoue) avec des cadres souvent excessifs (et je vous chie au nez, oui oui, plein!), juste parce que je suis contente que le cabinet ouvre même si je le suis totalement, c'est aussi une façon de profiter de ce que je n'aurai plus. Je ne me rapproche pas de certaines personnes, je ne consolide pas certains liens si je n'avais pas envie de les garder et donc, de les emmener avec moi, un peu. Je ne mets pas des personnes au placard, ou ne laisse pas des personnes s'éloigner pour des raisons nébuleuses en m'en foutant à ce point si c'était pas juste une bonne occas de laisser tout ça derrière parce que c'est ce que je voulais. Bon... Ok, j'aurais tendance à dire qu'il y a une exception mais je ne suis même pas sure d'avoir un peu forcé le truc au moins pour tester, d'ailleurs c'était une bonne chose vu que ça s'est pété la gueule, valait mieux que ça se fasse là que dans un très hypothétique plus tard.
Et depuis le dernier lien en date, je n'en ai plus créé aucun et n'y tiens pas vraiment non plus. Quelle qu'en soit l'issue c'est le dernier dans ce contexte et je l'ai super bien choisi.
Encore une fois, pas de hasard.
Et puis tu finis par vraiment accepter que c'est pas les choses qui sont uniquement différentes, que c'est toi aussi tu les regardes d'une autre façon, un peu comme quand tu reviens dans une ville ou tu ne vis plus, et ça met un point d'honneur à ton analyse: t'es déjà plus là.
Alors certes il fait un peu les choses comme il veut ce con, j'ai envie de dire comme d'habitude, mais je crois qu'avec mon inconscient nous sommes en phase et c'est une sacrée bonne nouvelle.

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2 commentaires

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Très belle plume, j'ai aimé te lire
De art-mode-design

Merci ;)
De Kelly


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