
La dernière fois que j’ai eu vent de cette histoire il m’a fallu trois jours pour me remettre de mes émotions. Là je pense qu’il va me falloir trois mois.
Pourtant j’essaye, je vous assure que j’essaye, que je prends sur moi pour ne pas hurler, pour ne pas péter le vase Empire de ma grand-mère qui date de je ne sais plus quel siècle (le vase! Mais ma grand-mère aussi d’ailleurs) ou d’arracher la tapisserie, faire voler les gamelles tout ça...
Mais je pourrais bien hurler tout ce que je veux, tout péter, mettre le feu à l’immeuble, sortir crever des pneus et bruler des bagnoles, quoique je fasse, ça ne changera rien. Cela dit, le tout réuni, c’est tout à fait à la hauteur de l’indignation que je peux ressentir actuellement. A côté de ça, je suis d’une hypocrisie crasse, j’approuve, je grimace des sourires, je me réjouis amèrement, après tout: pas le choix. Je ne m’en veux pas, mais je dois bien admettre que mes talents de comédiennes sont pitoyables.
Parce que si en temps normal je trouve toujours un moyen d’avoir le choix, là, c’est pas possible : ça m’échappe alors que je n’ai jamais rien eu dans les mains, et surtout, je ne suis personne pour faire ou dire quoique ce soit.
Je pense qu’à la troisième alerte, et à mon avis ce sera la bonne, la pire, l'horrible, la définitive, faudra que je fasse le deuil de cette affaire en souffrance une bonne fois pour toute en espérant que ça ne fasse pas trop de taches sur les murs, ça ferait désordre.
En attendant, je vais bouder et je reviens.